Vous êtes ici : Accueil / Le réseau bmi / Ma médiathèque

Les papiers à la colle

Technique de fabrication

C’est jusqu’ici la technique la plus simple dans la décoration des papiers : il s’agit de mélanger des couleurs à une colle de farine ou d’amidon, puis d’étendre le mélange sur la feuille de papier à l’aide d’une grosse brosse. Les couleurs de base étaient des couleurs végétales ou minérales et jusqu’au XIXe siècle, les artisans les préparaient eux-mêmes, tout comme la colle nécessaire à cette technique. C’est une technique simple qui demande donc peu de moyens, mais qui nécessite tout de même un certain sens artistique et une sûreté dans le geste : le motif voulu doit être fait avant que la colle n’ait séché.          

Selon la méthode de préparation et d'exécution, les papiers à la colle présentent divers aspects :

carre_rouge.jpg Brossé (fig. 1 et 2) : la technique la plus simple. Il s'agit de mélanger des couleurs à une colle de farine ou d’amidon, puis d'étendre le mélange sur la feuille de papier, à l'aide d'une grosse brosse. Les poils de la brosse apparaissent alors sur la feuille.

carre_rouge.jpg Jaspé ou moucheté : le mélange est projeté sur la feuille à l’aide d’une brosse à poils durs.

carre_rouge.jpg Tiré : on applique un coup de brosse de colle colorée, on plie la feuille en deux pour que les deux faces se touchent, puis après avoir frotté l’extérieur du papier on sépare les deux faces : le résultat est un motif « tiré » en veines.

carre_rouge.jpg Granité (fig. 3) : on donne des touches de couleurs au pinceau ou à l’éponge sur le mélange appliqué.

carre_rouge.jpg Dessiné (fig. 4) : une fois la colle appliquée on dessine à l’aide d’outils ou des doigts sur la colle : le passage du trait ôte la colle et les dessins apparaissent.

carre_rouge.jpg Coulée romantique et coulée Sainte-Anne (fig. 5) : des gouttes de colle colorées sont appliquées puis on les laisse s’écouler en inclinant le papier. Pour la coulée Sainte-Anne, on incline le papier dans un sens puis dans l’autre pour que les coulures se croisent.

carre_rouge.jpg Racinés (fig. 6) : la colle est plus diluée, les dessins rappellent les racines du noyer.

1_Papier_à_la_colle_brossé_num.jpg

 Fig. 1 : Papier brossé
(cote bmi : 29 012 P/B)      

2_Papier_à_la_colle_brossé_num.jpg

Fig. 2 : Papier brossé
(cote bmi : LV 1562 P/B)

3_Papier_à_la_colle_dessins_num.jpg

Fig 3 : Papier granité
(cote bmi : in-fol 3351 P/B)

4_Papier_à_la_colle_dessins_num.jpg

Fig. 4 : Papier dessiné
(cote bmi : in-fol 3353 P/B)

5_Papier_à_la_colle_coulée_romantique_num.jpg

Fig. 5 : Coulée Sainte Anne
(cote bmi : LV 1594 P/B)

6_Papier_raciné.jpg

Fig. 6 : Papier raciné
(cote bmi : in-8 6485 P/B)


Histoire


On trouve des papiers à la colle dès le milieu du XVe siècle : la première trace que nous en ayons étant un jeu de cartes portant un filigrane datant de 1428-1433. Un livre de recettes datant de 1470 évoque la méthode de fabrication de ces papiers monochromes. Utilisés en couverture de livres et de brochures, et plus tard en gardes pour les reliures de cuir, ces papiers connurent un grand succès aux XVIIe et XVIIIe siècles, surtout en Allemagne et en Italie ; la France et l’Angleterre restèrent plus attachées aux papiers marbrés.